20 avril 2016

Marion Thelliez – Naturopathe et créatrice culinaire

Par SelfMadeWomen Dans Les interviews

Marion Thelliez – Naturopathe et créatrice culinaire – 29 ans

Paris 14ème

 

Songs from a world appart de Levon Minassian.

Marion, que fais-tu dans la vie ?

Je suis naturopathe. On appelle ça aussi « éducateur de santé ». J’apprends aux personnes que j’accompagne à prendre soin de leur santé, par le biais de l’hygiène de vie. Le but est de leur proposer une nouvelle manière de manger, dormir, se relaxer, faire du sport… pour faire en sorte qu’elles vivent selon un mode de vie physiologique, c’est-à-dire qui corresponde aux besoins de leur corps. Je travaille en cabinet et je donne également des ateliers de cuisine végétale et sans gluten. Donner ces cours est un vrai plaisir pour moi et me permet de proposer une aide plus cohérente et globale dans ma pratique de la naturopathie. J’organise aussi des ateliers théoriques en groupe chez Yoga Vision et au Café Pinson notamment, autour de sujets globaux, comme la santé de l’intestin par exemple.

Marion Thelliez

Es-tu seule ou accompagnée dans cette aventure ?

Je suis seule, ce qui n’a pas toujours été facile. Quand j’ai terminé l’école de naturopathie, je n’ai pas trouvé évident de m’installer. Lorsqu’on est entrepreneur, tout doit venir de soi. Si on ne fait rien, il ne se passe rien. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour accepter qu’être naturopathe, c’est aussi communiquer, concevoir un site internet… Tout un tas de choses auxquelles je ne m’attendais pas particulièrement. Maintenant je trouve vraiment sympa de pouvoir toucher à tout !

Enfant que rêvais-tu de faire ?

Je n’étais pas une petite fille qui avait une vocation très précise. J’aimais déjà rendre les gens heureux, préparer à manger, faire des gâteaux, chanter des chansons, faire en sorte que les choses roulent et soient sympas.

Peux-tu me parler de ton parcours, tes études, ton 1er job…?

J’ai fait un bac littéraire et une prépa en lettres à Orléans. Puis je suis venue à Paris où j’ai suivi une bi-licence de droit et d’histoire de l’art. Ce qui devait m’amener à faire quelque chose comme commissaire-priseur, travailler dans le marché de l’art ou être avocate … L’art m’intéressait beaucoup mais à force de stages, je me suis aperçue que je ne souhaitais pas travailler dans ce milieu. C’est seulement pendant mon master que j’ai remis tout ça en question, et je me suis demandé : « qu’est ce que je pourrais faire tous les jours de ma vie, qui ne serait pas un effort, et que j’aimerais suffisamment faire pour trouver ça chouette au quotidien ? ».

Je suis partie de l’alimentation et plus particulièrement de la cuisine car j’adore inviter, cuisiner, recevoir … J’ai hésité un temps entre devenir chef, ou diététicienne… Mais tout ça ne sonnait pas tout à fait juste. Et lorsque j’ai découvert la naturopathie, ça a résonné comme une évidence. L’aspect santé par l’alimentation était pour moi très cohérent. Une fois décidée, j’ai fini mon master, et je me suis lancée dans les études de naturopathie au Cenatho.

Marion Thelliez

Une fois diplômée, j’ai voulu prendre le temps de voir autre chose, de voyager un peu et je suis partie en Australie dans le but d’y rester six mois. Finalement au bout de trois mois je m’ennuyais profondément, le voyage ne m’apportait pas ce que je cherchais au niveau humain et spirituel. Je me suis donc envolée pour l’Inde pour suivre un « yoga teacher training » de 200 heures. Là-bas j’ai appris à utiliser les bols tibétains, j’ai médité pour la première fois … et j’ai bien sûr fait beaucoup de yoga ! Ce voyage m’a énormément nourrie et a été le point de départ de mon cheminement spirituel.

Quand je suis rentrée, je me suis sentie un peu déboussolée à l’idée de m’installer à mon compte. Ce n’est pas une étape évidente, il faut trouver un cabinet, il y a toutes les questions que l’on se pose : comment vais-je financer cela, est-ce que je vais gagner ma vie, suis-je faite pour ce métier… Toutes ces questions étaient vraiment très présentes à mon retour et la méditation m’a énormément aidé à faire taire les peurs et le mental. Je participe à des retraites bouddhistes au Village des Pruniers depuis 2011, c’est quelque chose de vraiment très aidant dans ma vie.

Quel a été le déclic pour te lancer ?

J’avais choisi mes études sans grande conviction, poussée par ma famille, à un moment où je ne me connaissais pas encore suffisamment pour savoir ce que je voulais vraiment. Le déclic est venu en me rendant compte que j’avais deux choix : être frustrée et malheureuse dans cette voie toute tracée, ou suivre mon propre chemin, aussi chaotique et incertain qu’il soit, mais me sentir vivante, les rênes de ma vie dans mes deux mains !

As-tu été soutenue par ton entourage ?

J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours soutenue. Quand je leur ai annoncé mon choix de devenir naturopathe, ils ont d’abord eu peur : je changeais tout pour repartir à zéro et en plus pour un métier qui n’est pas reconnu ! Mon père est médecin, et il aurait préféré que je suive cette route plutôt qu’une médecine alternative… Mais il m’a vraiment impressionnée par son ouverture, car il a tout de suite compris que la naturopathie avait un véritable intérêt, et il m’a fait confiance.

Quels sont pour toi les avantages d’être à son compte ?

La liberté ! En étant à mon compte, je suis mon propre patron, et je peux faire ce que je veux, comme je veux. Je prends beaucoup de plaisir à ne pas faire tous les jours la même chose, à renouveler ma pratique de la naturopathie au quotidien. Je peux donner mille facettes à mon métier, c’est formidable.

Et les difficultés ?

En dehors de mes consultations, ateliers et cours, j’ai beaucoup de travail parce que je crée tout de A à Z. Quand j’ai une idée, il faut que je la construise pour la voir aboutir. Je ne dirais pas que c’est un inconvénient car c’est hyper stimulant, mais j’y pense et j’y travaille tout le temps, et déconnecter n’est pas évident.

Actuellement qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

Sentir que je grandis sur mon chemin d’évolution au travers de mon métier. Et que je peux aider les autres sur leur chemin.

Peux-tu me décrire une journée type ?

Je partage mon temps entre le cabinet, où je passe la moitié de la semaine et le reste du temps je suis en ateliers, ou alors je les prépare. Je travaille aussi avec La Minute Papillon, j’anime avec eux un atelier par semaine, c’est un coaching sur seize semaines avec un thème différent à chaque fois (par exemple : le petit déjeuner, comment l’optimiser, les mélanges à faire et ne pas faire …). Ce sont des sessions d’une heure avec en général le même groupe, ce qui fait qu’il y a un suivi, et c’est intéressant de voir l’évolution de semaine en semaine.

Marion Thelliez

Un moment préféré dans ta journée ?

Le matin, je préfère me lever tôt et prendre mon temps pour préparer mon petit déjeuner, méditer et voir le lever du soleil. J’aime beaucoup le « miracle morning », c’est une routine qui prend une heure le matin, que je fais quand je ne suis pas trop fatiguée car cela nécessite de se lever vraiment tôt. Mais je fais en sorte de pouvoir quand même m’accorder un petit temps calme, car j’ai remarqué que quand j’arrivais à prendre ne serait-ce que dix minutes pour moi le matin, la dynamique de ma journée était complètement différente.

Comment trouves-tu le bon équilibre entre vie professionnelle, vie personnelle et familiale ?

Pour l’instant je ne l’ai pas trouvé, je mène tout de front ! J’arrive quand même à avoir du temps pour moi, je suis partie en fin d’année un mois au Vietnam, pour moi, pour voyager. Il y a donc des moments où je travaille beaucoup et d’autres où je prends vraiment du temps pour moi. Et j’ai de la chance d’avoir des parents qui vivent dans une ancienne ferme non loin de Paris où nous avons fait un potager en permaculture. Dès que je peux je m’échappe là-bas, je vais mettre les mains dans la terre et gratouiller la butte pour faire des légumes !

Est-ce que tu déconnectes facilement et comment gères-tu le stress s’il y en a ?

J’ai appris à lâcher prise et je gère le stress par la méditation, la respiration et la cuisine. Si je rentre chez moi et que je me sens stressée, je respire et je me relaxe en faisant une compote de pommes ou en coupant des légumes ! Je prends le temps de me connecter à la vie en contemplant les aliments que je consomme. Je m’imagine tous les petits miracles de la nature qui ont amené ce fruit ou ce légume dans mon assiette. Le cycle de la vie m’inspire beaucoup, quand je m’y ouvre cela me calme immédiatement et me donne une assise très profonde, une reliance à l’Univers tout entier.

Quel est le meilleur conseil que tu donnerais ?

Ecoutez-vous ! Il est primordial et essentiel de se sentir à sa place dans la vie. Nous ne nous sommes pas né sur cette planète, qui nous soutient de toute son abondance, pour vivre une vie qui a été choisie à notre place, pour répondre à des critères qui ne sont pas les nôtres. Nous avons tous quelque chose de particulier à apporter, une originalité, un talent, une qualité qui nous est propre. C’est de notre devoir, pour être heureux et rendre notre entourage heureux, de trouver notre chemin de vie et d’y aller ! Et quand on n’y arrive pas tout seul, nous avons la chance de vivre une époque où se faire aider dans ce sens est facile, alors pourquoi hésiter ? La méditation, le yoga, l’hypnose, la sophrologie, les thérapies énergétiques sont autant de passerelles pour accéder à soi-même.

Quels sont tes projets / tes rêves ?

Je suis très concernée par l’état du monde et je me sens appelée à être actrice du changement. Plutôt que le mot « crise », très négatif, je préfère parler de transition, c’est moins stressant et plus constructif. Nous avons le choix : couler avec l’ancien monde, ou créer le nouveau monde, basé sur des paradigmes différents. Entre sombrer ou créer, mon choix est fait, sans hésitation ! Dans ce sens, je me suis formée à la permaculture à la ferme du Bec Hellouin, pour apprendre à cultiver la terre dans le respect, et trouver d’autres façons de nourrir les hommes. Ou à la communication non violente avec Thomas d’Ansembourg, pour apprendre à parler aux autres et à mieux me comprendre. Mon rêve est de continuer à apprendre chaque jour, et de co-créer ensemble le monde nouveau.

Et dans 10 ans où te vois-tu ?

Je me vois plus sage qu’aujourd’hui, et plus joyeuse encore ! J’aimerais être plus souvent à la campagne, et avoir une vie équilibrée entre mon travail que j’adore, ma vie de famille, et le si précieux et si nécessaire « temps pour soi ». Je me souhaite profondément d’avoir su apprendre à me donner le temps de ne rien faire !

Marion Thelliez

Aurais-tu pu faire un autre métier ?

Oui je pense. Avoir un restaurant, être maraîchère, chamane ou créatrice d’une start-up ! J’ai l’impression que maintenant il est beaucoup plus facile de cumuler les métiers dans une vie… alors peut-être que je ferai tout ça un jour, qui sait ?

Quelle est ton actualité ?

Du 12 au 16 mai, j’organise avec mon amie Laura, créatrice de Food For Sharing, un stage d’alimentation vivante dans les Cévennes, dans un endroit magnifique. Nous allons allier alimentation vivante, cours de cuisine, cours de naturopathie, méditation, randonnée… C’est la première fois que nous organisons un tel stage ensemble et je suis sûre que ça va être très sympa !

J’ai aussi relancé début 2016 un cycle d’ateliers de cuisine avec des nouveautés, et notamment « la cuisine naturo pour les nuls ». J’ai remarqué que mes ateliers actuels avaient parfois un niveau un peu haut pour des personnes qui ne savent pas cuisiner avec les ingrédients de la cuisine bio, végétale et sans gluten. Dans ces ateliers, on reprend les bases, avec une visite dans un magasin bio pour apprendre à faire ses courses.

Il y a aussi le cycle des 4 « Ateliers du Ventre », dont le but est de comprendre comment prendre soin de son système digestif naturellement et simplement.

Et j’ai beaucoup d’autres idées mais qui pour le moment sont en cours de construction !

Les Confidences

Marion Thelliez

Ta playlist du moment :

Earth Wind and Fire parce que ça me donne envie de chanter et de danser la Vie,

Laboratorium Piesni parce que les choeurs de femmes m’émeuvent,

Levon Minassian, songs from a world appart, parce que ça me donne des frissons,

Flavia Vallega, Inner Voices, parce que sa voix me fait voyager au cœur de moi même,

Anne Demortain, parce que ses mots viennent parler à mon âme.

Un livre :

Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? De la magnifique Christiane Singer.

Un film :

En quête de sens de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière.

Un restaurant :

J’aime bien les cantines, les lieux simples et généreux. Dans ce genre-là il y a Le Bichat, 11 rue bichat- 10ème.

Une gourmandise :

Des frites de patates douces rôties au four.

Une devise :

Je suis 100% responsable de tout ce qui m’arrive, et de moi seulement.

Ton dernier fou rire :

Inracontable !

Tes petits bonheurs quotidiens :

Préparer mon thé vert dans les règles de l’art le matin, puis le boire au lit avec un bon bouquin. Au moment de m’endormir le soir, remercier la Vie.

Tes adresses déco :

Je n’en ai pas ! Chez moi les objets ont été glanés au coup de cœur et pendant des voyages.

Prochaine destination vacances :

La Dordogne et la Turquie

Et prochaine destination rêvée :

Bali.

Une recette de famille ou un plat inratable que tu veux bien partager avec nous :

Le brownie cru (la recette à retrouver prochainement).

Marion Thelliez

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marionthelliez.fr

 

Crédit photos SelfMadeWomen et vignettes crédit photos Marion Thelliez.

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