14 octobre 2015

Maëva – Co-gérante de structures touristiques –

Par SelfMadeWomen Dans Les interviews

Maëva – Co-gérante de structures touristiques – 29 ans – Pont-Aven – 

La Carri’air / Le Labyrinthe de Pont-Aven

Avec Maëva, nous nous sommes connues il y a déjà quelques années par le biais de nos amies communes, et c’est toujours un plaisir de pouvoir discuter ensemble. Maëva travaille avec son mari Jean-marie, c’est un couple que j’apprécie beaucoup et dont j’admire le travail. Ils sont sympathiques, accessibles et aussi souriants et agréables avec leurs clients qu’avec leurs amis ! Ils sont passionnés et créatifs. Maëva transforme tout ce qu’elle touche, de la décoration de leur maison à l’aménagement des cabanes ou encore des cadeaux de naissances fait main pour ses amies à l’organisation de son mariage, tout est fait dans le détail et avec beaucoup de goût. J’aime son univers et c’était pour moi évident que son parcours trouve sa place ici ! Je n’étais pas certaine que Maëva accepte, par discrétion, et à ma grande surprise, elle a tout de suite été partante ! Nous avons donc attendu la fin de la saison pour nous retrouver chez elle un dimanche midi, début septembre au lendemain d’une soirée filles ! Nous avons passé un très bon moment à bavarder à tel point que nous n’avons pas vu l’heure passer ! C’est avec grand plaisir que j’ai découvert un peu plus son univers, que je vous fais partager ici. Belle découverte !

 

With my own two hands de Ben Harper.

Maëva, que fais-tu dans la vie ?

Je travaille dans le tourisme. L’activité est assez diversifiée, nous proposons du logement atypique et en parallèle nous avons un parc de loisirs avec un labyrinthe de maïs qui est ouvert au grand public de juillet à septembre et une ferme pédagogique qui accueille les groupes scolaires en juin et septembre.

Maëva Le naour

Es-tu seule ou accompagnée dans cette aventure ?

Accompagnée, avec mon époux Jean-Marie. Nous travaillons également avec ses parents qui eux s’occupent principalement de la ferme qui fait partie de la structure touristique.

Enfant que rêvais-tu de faire ?

D’être heureuse dans la vie ! C’était déjà un joli projet mais il n’y avait pas de métier particulier qui me faisait rêver.

Peux-tu me parler de ton parcours, tes études, ton 1er job…?

Mes études ont été assez diversifiées : j’ai fait un master 1 de psychologie clinique, qui a fermé par la suite et comme je voulais passer le concours de professeur des écoles, j’ai repris un master de science de l’éducation par correspondance pour obtenir le niveau. J’ai obtenu mon master 2 mais je n’ai finalement jamais tenté le concours ! En parallèle j’ai commencé à travailler au labyrinthe l’été, puis j’ai fini par y rester à plein temps et en 2013 nous avons ouvert La Carri’air.

D’avoir suivi mon master par correspondance nous a permis avec mon mari de voyager, nous avons pu partir trois mois découvrir le Costa Rica et le Nicaragua, j’ai le souvenir d’avoir passé une partie de mes partiels par internet quand nous étions là-bas !

Quel a été le déclic pour te lancer ?

Il n’y a pas eu de déclic, il y a huit ans quand j’ai rencontré Jean-Marie il lançait le labyrinthe, j’étais à l’époque en saison dans un camping à Fouesnant et dès le mois de septembre j’ai commencé à travailler avec lui le week-end. La saison suivante j’y ai travaillé tout l’été, j’ai enchaîné les saisons comme cela jusqu’en 2011 et finalement je me suis retrouvée au labyrinthe à temps plein sans vraiment m’en rendre compte ! C’était finalement évident et aujourd’hui je m’y plais toujours autant.

As-tu été soutenue par ton entourage ?

Oui je suis très soutenue par ma famille, mes sœurs adorent le labyrinthe, elles y sont tout le temps avec mes beaux-frères et les enfants, ils nous aident beaucoup. Ce qui est génial c’est que l’on peut les voir tout l’été, c’est un des gros avantages de notre travail, et pour mes neveux et nièces c’est le paradis, ils jouent à la marchande avec moi, mangent des glaces, s’amusent sur le trampoline … c’est leur jardin ! Pour les cabanes, c’est un projet qui fait rêver, les gens voient le côté esthétique et ils trouvent cela super.

Quels sont pour toi les avantages d’être à son compte ?

De pouvoir voir mon entourage au travail, c’est déjà un premier avantage. Les horaires sans doute également, aux cabanes en tout cas, au labyrinthe c’est plus compliqué mais à La Carri’air nous pouvons fermer un week-end si nous voulons partir, nous organisons nos journées comme nous le souhaitons, on est très libres. Après je n’ai jamais vraiment travaillé ailleurs, j’ai plus de mal à juger correctement. Ce qui est certain c’est que nous avons une certaine liberté et pas de pression ! Bien sûr il faut que l’on gagne notre vie mais nous n’avons pas la pression d’un supérieur.

Aujourd’hui on fait un métier qui nous plaît, nous en sommes contents et heureux, c’est plutôt pas mal !

Et les difficultés ?

De savoir s’ajuster, de ne pas se laisser déborder et envahir dans sa vie personnelle par sa vie professionnelle.

Actuellement qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

Peut-être le rythme, contrairement à d’autres métiers je n’ai pas de routine, je pense que je suis quelqu’un qui me lasse assez vite et avec le labyrinthe c’est un éternel recommencement. Tous les ans c’est un nouveau projet à réinventer et à mettre en place, je pense que c’est ce que je préfère.

Aux cabanes, si les deux prochaines voient le jour, ça va être de les penser, de faire les plans, refaire toute la décoration, c’est quelque chose qui me plait énormément, j’adore ça ! Si je reprenais des études, ce serait dans l’architecture intérieure. C’est avec la maison que je me suis découvert cette passion, que j’ai pu continuer avec les cabanes, je réfléchis d’ailleurs déjà pour les prochaines !

Peux-tu me décrire une journée type ?

Il n’y a pas vraiment de journée type, c’est vraiment variable en fonction des saisons, ça change tout le temps et c’est ce qui est bien !

Au labyrinthe tous les ans nous refaisons l’histoire, les décors et les costumes, c’est très créatif et ça c’est le travail de l’hiver, cela me permet de dessiner, de coudre… et de bricoler avec Jean-Marie, c’est un côté qui me plait beaucoup. On doit tout anticiper très tôt pour les offices de tourisme, le thème, les tarifs et horaires doivent être pensés avant fin octobre pour l’année suivante et les dossiers doivent être retournés tout début septembre pour les cabanes ! Cela va très, très vite, actuellement nous travaillons déjà sur l’année 2016 alors que l’on a à peine finie la saison 2015. Fin octobre nous commençons déjà à monter nos décors, on essaye de les clôturer pour décembre, mi-février au plus tard, et au printemps nous nous concentrons sur les travaux paysagers, tout ce que l’on ne peut pas faire l’hiver.

Chaque début d’année nous partons en vacances, c’est impératif et vital pour couper car ici on ne s’arrête jamais, on trouve toujours quelque chose à faire, c’est dans nos caractères, c’est notre moteur mais je pense que pour tous les entrepreneurs c’est pareil. Après il faut quand même trouver la balance mais avec l’expérience cela commence à arriver, cette année on part un mois.

Un moment préféré dans ta journée ?

Aux cabanes le moment où j’ai le retour des gens après leur séjour, et au labyrinthe c’est le contact l’été.

Comment trouves-tu le bon équilibre entre vie professionnelle, vie personnelle et familiale ?

Je ne le trouve pas, je pense que cela se travaille, au début on a beaucoup d’énergie et tellement envie de bien faire que l’on se donne à fond, c’est toujours le cas d’ailleurs ! Je pense être quelqu’un d’assez exigeant, j’ai envie de faire au mieux pour que cela plaise, d’autant plus que nous sommes dans un service que l’on propose aux gens donc il faut que les choses soient bien faites. Après il faut trouver le juste milieu pour garder du temps pour soi, cela s’apprend je pense, on commence avec la maturité et l’expérience à trouver l’équilibre.

L’avantage c’est que je travaille avec mon mari, nous sommes très complémentaires, Jean-Marie est très bricoleur, et il a aussi énormément d’idées, des fois trop d’ailleurs ! Quasiment tout ce qui a été mis en place au labyrinthe, ce sont ses idées, il est très inventif. Il a énormément appris à bricoler, surtout depuis la rénovation de notre maison dans laquelle il a fait toute l’extension, et cela se voit cette année je trouve que les décors sont beaucoup mieux. On est vraiment complémentaires et travailler ensemble nous permet aussi de passer du temps tous les deux, travaillant beaucoup on ne se verrait pas énormément sinon !

Est-ce que tu déconnectes facilement ? Et comment gères-tu le stress s’il y en a ?

Je ne le gère pas, du tout ! Enfin si, j’apprends quand même… ! J’ai également du mal à déconnecter, sauf quand nous partons. Bizarrement quand on part en vacances on ne prévoit rien, c’est de la vraie détente et j’apprécie que rien ne soit prévu alors qu’ici tout est organisé. Nous compensons de cette manière, c’est important pour moi de partir sur une longue période cela me permet vraiment de récupérer et je peux ainsi sourire aux gens le reste de l’année et les accueillir correctement. Pour pouvoir être disponible pour les autres il faut aussi s’accorder du temps pour soi.

Quel est le conseil que tu donnerais ?

Il faut essayer ! Je n’ai pas de conseil à donner, chacun fait comme il pense, à sa manière, c’est ce qui fait qu’il y a plein de choses différentes, chacun a sa vision de la vie et de son entreprise.

Quels sont tes projets / tes rêves ?

Nous espérons pouvoir obtenir l’autorisation de deux autres cabanes, pour que le projet soit viable et pouvoir embaucher quelqu’un afin de se délester de certaines tâches qui prennent du temps comme le ménage ainsi que déléguer le lavage du linge. Nous souhaitons nous développer tranquillement tout en continuant de renouveler le labyrinthe mais d’ici là Jean-Marie aura d’autres idées ! C’est un entrepreneur dans l’âme, moi j’ai besoin que ce soit carré avant de passer à autre chose.

Et un jour nous partirons à l’étranger…

Et dans 10 ans où te vois-tu ?

Sur une plage, au bord de l’eau où il fait chaud et où on parle espagnol ! L’Amérique centrale et l’Amérique du sud sont des pays qui nous attirent énormément, nous avons voyagé quasi exclusivement là-bas. Il y a déjà plusieurs endroits qui nous ont bien plu, nous avons fait le Costa Rica, le Nicaragua, la République Dominicaine, l’Equateur et il y en a encore pleins à voir !

Aurais-tu pu faire un autre métier ?

Oui, plein d’ailleurs… J’aurais aimé tenir un magasin, une petite boutique pleine de jolies choses. J’aurais également aimé travailler dans la décoration, faire du home staging, rénover des meubles ou faire de la décoration d’intérieure. Être pâtissière, chocolatière, graphiste, wedding planeuse, travailler pour des guides de voyages… Bref, j’ai des tas de choses qui attisent ma curiosité et qui me plaisent…

Déco

 

Comment as-tu découvert cette maison ?

Nous cherchions un lieu pour faire du logement atypique. Jean-Marie connaissait un couple d’agents immobiliers à qui il avait fait part de notre recherche et un jour ils nous ont appelés pour ce terrain. La maison n’était pas belle du tout mais il y avait surtout cet immense espace avec la carrière et le bois. À vrai dire au début nous n’avions même pas regardé la maison, on a tout de suite adoré le terrain qui était pourtant dans un sacré état mais comme nous avions notre projet en tête c’était plus facile de visualiser. Il a été en vente longtemps car la surface était trop grande pour une simple habitation et la carrière était devenu une décharge, nous avons du tout vider. À l’époque beaucoup d’anciennes carrières de pierres devenaient des décharges, tout un chacun y jetait tout et n’importe quoi. Nous avons sorti des tonnes de ferrailles, des chaudières, une voiture, des machines à laver et il y avait surtout beaucoup de verre ce qui a été horrible à enlever. Il y en avait absolument partout, des vieux cabanons aussi car le terrain a également été un jardin collectif. Quand nous avons acheté, on ne rentrait pas dans la carrière, c’était un roncier que l’on a dû déblayer au tracteur !

Finalement nous avons pris la maison un peu en dépit parce qu’elle était là mais c’était bien nécessaire car nous n’aurions pas pu nous payer un terrain pour les cabanes, plus une maison à côté, du coup les deux se sont fait et je pense que c’est comme au labyrinthe, je ne me suis pas rendu compte, tout c’est fait tout seul. On cherchait un appartement à louer à ce moment-là donc nous n’étions pas du tout à la recherche d’une maison. J’étais toujours en études par correspondance, j’avais une promesse de cdi avec la structure du labyrinthe mais c’était un peu l’aventure ! On s’est lancés là dedans, je ne savais pas du tout bricoler, nous avons appris sur le tas et après deux ans et demi de travaux, nous sommes finalement très bien ici !

As-tu réalisé toi-même les travaux et la décoration ?

Oui avec Jean Marie pour la maison. À la Carri’air nous avons réfléchi les plans avec un constructeur qui a monté les cabanes et je me suis chargée de l’aménagement intérieur et de la décoration. Jean-marie m’a fait confiance, il découvrait parfois mes choix au fur et à mesure de l’installation des meubles, des peintures… mais nous en avons aussi choisi beaucoup ensemble. La maison est à notre goût !

As-tu encore des projets pour cet endroit ?

Oui il y a des choses à faire encore, nous avons l’étage qu’il faudra aménager si nous devenons plus nombreux dans la maison et les extérieurs, il y a largement à faire de ce côté là. D’ailleurs je trouve très agréable de jardiner, je n’y connais rien mais cela me vide la tête. C’est comme la peinture ou la couture mais en étant dehors, c’est très reposant et je ne pense plus à rien !

Quelle est ta pièce favorite ?

Notre pièce à vivre qui est totalement ouverte. Lorsque l’on reçoit c’est très convivial je trouve. Et l’hiver on peut profiter du feu que nous soyons dans le salon, dans le séjour ou dans la cuisine.

Tes adresses déco ?

Je chine beaucoup, nous achetons sur le bon coin, cela permet de faire des bonnes affaires et de ne pas consommer de manière excessive, et puis ce sont des objets qui ont déjà vécu, j’aime bien l’idée. Chez nos grands-mères aussi, nous avons de la chance d’avoir des greniers bien fournis, j’aime récupérer de vieux meubles et les refaire.

Sinon AM PM, Maison du Monde, chez Ikea comme tout le monde mais pas trop et de temps en temps nous nous offrons de jolies pièces, souvent chez Idées à Pont-Aven. Je ne voudrais pas avoir une maison qui ressemble à une vitrine de Maison du Monde et j’aime qu’il y ait un peu de tout et que l’on se demande d’où ça vient.

Un coup de cœur, une envie ?

Un salon de jardin.

 

Les Confidences

 

Ta playlist du moment :

Toujours la même chose : Ben Harper, Jack Johnson … et j’adore le rythme des musiques latines.

Un livre :

Latitude zéro de Mike Horn.

Une chanson :

With my own two hands de Ben Harper.

Un film :

Le dernier vu au cinéma était « American sniper » (cela commence à dater). Mais j’ai bien aimé…

Un restaurant :

Chez chouchou à Quimperlé, un bar à vin/fish and chips, 10 rue Savary.

Une gourmandise :

Mon dessert préféré : la tarte au citron.

Une devise:

Carpe Diem. J’y travaille!

Ton dernier fou rire :

Hier soir avec des copines !

Tes petits bonheurs quotidiens :

Etre chez moi au calme, en écoutant de la musique ; Aller se balader au bord de la mer quand il fait un peu froid l’hiver, partir faire du vélo au printemps et s’arrêter pique-niquer ; Aller faire du canoë ; Descendre à pieds boire un verre à Pont-Aven ; Tout cela en amoureux, en famille ou entre amis… Des petits plaisirs de la vie !

Prochaine destination vacances :

Le Portugal, Porto pour quelques jours et la Colombie en janvier.

Et prochaine destination rêvée :

L’Argentine, la Terre de Feu, le Perito Moreno.

Une recette de famille ou un plat inratable que tu veux bien partager avec nous :

Les cookies, j’en offre aux clients des cabanes à leur arrivée et nous en mettons aussi dans le panier du petit-déjeuner. (La recette à découvrir ici).

Je vous invite à réserver La Vision’air pour un week-end en amoureux avec vue sur toute la carrière ! Vous pouvez également profiter de ce moment en famille en réservant La Cachoti’air et prolonger votre séjour par un passage au Labyrinthe de Pont-Aven et découvrir sa mini ferme ! Bons moments garantis !

La Carri’air
19 rue de Sainte Marguerite
29930 Pont-Aven

06.48.72.95.99 / lacarriair@gmail.com

lacarriair.com

Le Labyrinthe de Pont-Aven
Kergoz
29930 Pont-Aven

06.78.18.35.98 / labyrinthedepontaven@gmail.com

www.labyrinthe-de-pont-aven.fr

 

 

Crédit photos SelfMadeWomen.